Hivernage des abeilles : comment la ruche se prépare à l’hiver ?

Lorsque les températures baissent et que les floraisons deviennent plus rares, l’activité du rucher change profondément. La grande période de butinage touche à sa fin et les colonies commencent progressivement à se préparer pour plusieurs mois durant lesquels leurs sorties seront fortement réduites.

L’hivernage des abeilles constitue une étape essentielle du cycle annuel d’une colonie. Contrairement à de nombreux insectes, les abeilles domestiques ne disparaissent pas pendant l’hiver : toute une partie de la colonie reste active dans la ruche afin de survivre jusqu’au retour du printemps.

Cette période demande également une attention particulière de la part de l’apiculteur, qui doit s’assurer que ses colonies disposent des conditions nécessaires pour traverser la saison froide.

Que deviennent les abeilles en hiver ?

Lorsque les températures diminuent, les abeilles réduisent progressivement leurs sorties. Le nectar et le pollen deviennent plus difficiles à trouver et les conditions météorologiques ne permettent plus aux butineuses de travailler comme elles le feraient au printemps ou en été.

La colonie reste pourtant bien présente dans la ruche.

Pour conserver une température compatible avec sa survie, elle adopte une organisation particulière. Les abeilles se regroupent autour de la reine et forment ce que l’on appelle communément une grappe hivernale.

Les individus situés à l’intérieur produisent de la chaleur grâce à leur activité musculaire tandis que les abeilles placées en périphérie contribuent à isoler le groupe. Elles échangent régulièrement leurs positions afin que les mêmes individus ne restent pas constamment exposés au froid.

À quoi sert la grappe hivernale ?

La grappe permet à la colonie de maintenir une température suffisante malgré le froid extérieur.

Elle ne reste pas nécessairement immobile durant tout l’hiver. Au fur et à mesure que les réserves sont consommées, les abeilles peuvent progressivement se déplacer sur les cadres afin d’accéder au miel stocké dans différentes parties de la ruche.

La capacité de la colonie à accéder facilement à ses réserves constitue donc un élément particulièrement important durant cette période.

Le miel constitue les réserves de la colonie

Pendant les périodes de forte activité, les abeilles ne récoltent pas uniquement pour leurs besoins immédiats. Elles constituent également des réserves qui leur permettront de faire face aux périodes où les ressources extérieures sont insuffisantes.

Le miel stocké dans les rayons joue ainsi un rôle fondamental pendant l’hiver.

La quantité nécessaire dépend notamment de la taille de la colonie, de la durée de la saison froide, du climat et du type de ruche.

Cette fonction de réserve alimentaire explique également pourquoi l’apiculteur doit toujours veiller à laisser suffisamment de ressources à ses colonies lors des récoltes. Pour mieux comprendre les différentes substances présentes dans une ruche, consultez notre dossier sur les miels et produits de la ruche.

Que fait la reine pendant l’hiver ?

La reine reste au cœur de la colonie durant l’hivernage.

À mesure que l’automne avance, la ponte diminue généralement fortement. Elle peut devenir très limitée durant les périodes les plus froides avant de reprendre progressivement lorsque les conditions deviennent plus favorables.

Cette réduction de l’élevage du couvain permet également à la colonie de limiter ses besoins énergétiques durant une période où les ressources extérieures sont rares.

Avec l’allongement progressif des journées et le retour des premières floraisons, l’activité de la reine peut reprendre et préparer le développement printanier de la colonie.

Le renouvellement des reines et le fonctionnement des colonies sont détaillés dans notre rubrique consacrée aux essaims et aux reines.

Les abeilles d’hiver sont-elles différentes ?

Les abeilles présentes pendant l’hiver vivent généralement beaucoup plus longtemps que les ouvrières nées au cœur de la saison apicole.

Durant le printemps et l’été, une ouvrière est soumise à une activité particulièrement intense. Elle passe successivement par différentes fonctions dans la colonie avant de devenir butineuse et d’effectuer de nombreux vols à l’extérieur.

En hiver, l’activité est très différente. Les abeilles doivent principalement assurer la survie de la colonie et maintenir les conditions nécessaires autour de la reine.

Cette organisation permet à une population suffisante de rester présente jusqu’au développement de la nouvelle génération au printemps.

Comment l’apiculteur prépare-t-il les ruches à l’hiver ?

La préparation commence bien avant l’arrivée des premières gelées.

À la fin de la saison apicole, l’apiculteur observe notamment l’état général des colonies et vérifie plusieurs éléments essentiels :

  • la présence d’une reine et l’état de la colonie ;
  • la quantité de réserves disponibles ;
  • la population présente dans la ruche ;
  • l’état des cadres et du matériel ;
  • la présence éventuelle de parasites ou de problèmes sanitaires ;
  • la protection de la ruche contre l’humidité et les intempéries.

L’objectif n’est pas de maintenir artificiellement une activité estivale mais de permettre aux abeilles d’aborder l’hiver dans les meilleures conditions possibles.

Pourquoi les réserves doivent-elles être surveillées ?

Une colonie peut disposer de nombreuses réserves en début d’hiver et néanmoins se retrouver en difficulté plusieurs semaines plus tard.

La consommation dépend de la météo, de la taille de la population et de la durée de la période froide.

À la fin de l’hiver, la reprise progressive du couvain peut également entraîner une augmentation des besoins alimentaires alors que les premières grandes floraisons ne sont pas encore disponibles.

C’est souvent cette période de transition entre la fin de l’hiver et le véritable démarrage du printemps qui demande une attention particulière.

Le froid est-il le principal danger pour une ruche ?

Une colonie suffisamment forte est capable de résister à des températures basses grâce à son organisation collective.

Le froid n’est donc pas nécessairement le seul problème rencontré pendant l’hivernage.

L’humidité excessive peut notamment devenir problématique. La respiration des abeilles et leur activité produisent de la vapeur d’eau qui peut se condenser à l’intérieur de la ruche lorsque la ventilation est insuffisante.

Une ruche doit donc être correctement protégée des intempéries tout en conservant une ventilation adaptée.

Faut-il ouvrir une ruche en plein hiver ?

Les visites complètes deviennent généralement beaucoup plus rares pendant la saison froide.

Ouvrir une ruche lorsque les températures sont basses peut perturber l’organisation thermique de la colonie. L’apiculteur privilégie donc habituellement les observations extérieures et les interventions réellement nécessaires.

L’activité à l’entrée de la ruche, la présence éventuelle d’abeilles mortes, le poids de la ruche ou encore certains bruits peuvent fournir des informations sans nécessiter une ouverture prolongée.

Les abeilles sortent-elles malgré tout pendant l’hiver ?

Oui. Lors de journées suffisamment douces et ensoleillées, certaines abeilles peuvent quitter temporairement la ruche.

Ces sorties permettent notamment aux ouvrières d’effectuer des vols de propreté après être restées enfermées pendant une longue période.

Dans les régions où certaines plantes fleurissent très tôt, les abeilles peuvent également commencer à rechercher les premières ressources disponibles dès que les températures permettent le vol.

Quand se termine l’hivernage ?

Il n’existe pas une date unique marquant la fin de l’hivernage.

Tout dépend du climat local, de l’altitude, des températures et de l’arrivée des premières floraisons importantes.

À mesure que les journées s’allongent et que les ressources deviennent plus nombreuses, la ponte augmente et de nouvelles générations d’ouvrières apparaissent.

La population de la colonie commence alors à croître rapidement afin de profiter des floraisons printanières.

Du repos hivernal au développement printanier

L’hiver peut donner l’impression que le rucher est totalement au repos, mais une organisation complexe se poursuit à l’intérieur de chaque ruche.

Les abeilles maintiennent la température de la grappe, consomment progressivement leurs réserves et protègent la reine en attendant le retour de conditions plus favorables.

Quelques semaines plus tard, le fonctionnement de la colonie change complètement : reprise du couvain, développement rapide de la population, arrivée de nouvelles butineuses puis parfois préparation de l’essaimage.

Ces différentes étapes montrent à quel point l’apiculture est étroitement liée au rythme des saisons.

Retrouvez les autres dossiers consacrés à la vie des colonies dans notre rubrique Les infos du rucher, notamment nos contenus sur le frelon asiatique et la protection des ruches.